NEGOCOACH
89
Origine : Origine non documentée

❔ Origine non documentée

Non renseignée

L'origine de cette technique n'est pas encore documentée dans notre référentiel. Le niveau de preuve n'est donc pas établi.

Détail complet dans la section « Origine & histoire » ci-dessous.

89

La Technique de la NÉGOCIATION À REBONDISSEMENT

Techniques de persuasion Technique 89 / 360
Alexandre Baumberger

Auteur de la bibliothèque

Alexandre Baumberger

Professeur de négociation à KEDGE Business School

Une triple culture rare au service de la négociation : l'enseignement, la justice économique et l'audit, doublée d'une expérience de chef d'entreprise à Bordeaux.

  • Enseignement, KEDGE Business School Professeur de négociation depuis 2014 (12 ans).
  • Justice consulaire, Tribunal de commerce Juge de 2018 à 2026 : contentieux, puis procédures collectives.
  • Audit & conseil, plus de 20 ans Audit fiscal, social et financier en grands cabinets, pour de grands groupes.
L'essentiel

La négociation à rebondissement consiste à provoquer volontairement une pause, un silence ou un retournement de situation pour relancer l'intérêt d'un interlocuteur qui se ferme, se lasse ou glisse vers le refus. Plutôt que d'insister sur une offre qui s'épuise, on introduit un élément nouveau, information inédite, alternative inattendue, reformulation du problème, qui rouvre la discussion et réactive l'attention. Loin d'un simple artifice théâtral, la technique s'appuie sur des mécanismes cognitifs documentés : la curiosité déclenchée par un vide informationnel (Loewenstein) et l'amélioration perçue d'une offre présentée en deux temps (that's-not-all technique de Burger). Bien maniée, elle transforme un point mort en nouveau départ ; mal dosée, elle passe pour une manipulation.

Niveau de lecture

Fiche d'identité

Le profil de sa famille en un coup d'œil

Efficacité Impactpsychologique Discrétion Préparation Risquerelationnel Éthique
7,0 / 10 Potentiel tactique

Vigilance : modérée (5,0/10) · Préparation exigée : 5/10

Adossement de l'école d'origine Origine non documentée · niveau non établi
Non établi

Profil indicatif : il situe la famille « Techniques de persuasion » telle que la pratique l’école Origine non documentée, et non cette technique prise isolément. Les techniques d’une même famille et d’une même école partagent donc le même profil. Évaluation éditoriale Négocoach sur 10, non expérimentale · plus la valeur de « risque relationnel » est haute, plus la technique est coûteuse pour la relation.

Évaluation NEGOCOACH

Comment lire cette note

Potentiel tactique 7,0/10 (efficacité, impact, discrétion) et vigilance modérée (risque relationnel et éthique) : deux lectures distinctes, volontairement jamais fusionnées en une note unique, qui récompenserait le risque. Évaluation éditoriale NEGOCOACH calibrée à partir de la famille « Techniques de persuasion » et de l’école « Origine non documentée ». Chaque critère est noté sur 10 ; cliquez pour comprendre ce qu’il mesure.

  • Efficacité 8/10 · Très élevé

    Capacité de la technique à faire aboutir la négociation dans le sens recherché lorsqu'elle est bien exécutée.

  • Impact psychologique 7/10 · Élevé

    Force de l'effet produit sur les perceptions, les émotions et les décisions de l'interlocuteur.

  • Discrétion 6/10 · Élevé

    Difficulté, pour l'autre partie, de repérer que la technique est employée. Une valeur haute = très discrète.

  • Préparation 5/10 · Modéré

    Travail d'information, d'analyse et d'entraînement requis en amont pour l'utiliser efficacement.

  • Risque relationnel 4/10 · Modéré

    Coût potentiel pour la relation et la confiance si la technique est détectée, refusée ou échoue. Valeur haute = plus risquée.

  • Éthique 5/10 · Modéré

    Acceptabilité morale : loyauté, transparence et respect de l'autonomie de l'interlocuteur. Valeur haute = plus défendable.

Niveau de preuve

Origine non documentée · niveau non établi

L'origine de cette technique n'est pas encore documentée dans notre référentiel : nous n'affichons donc aucun niveau d'adossement plutôt que d'en supposer un.

Évaluation éditoriale indicative NEGOCOACH, à visée pédagogique. Pour « Risque relationnel », une valeur haute signale un coût pour la relation, non une qualité.

Synthèse de la NÉGOCIATION À REBONDISSEMENT


Origine & histoire

La technique puise à trois sources convergentes. D'abord la dramaturgie et la narration : le suspense, le rebondissement (péripétie) et le cliffhanger sont des ressorts anciens du récit qui maintiennent l'attention en différant la résolution. Ensuite la psychologie de la curiosité : George Loewenstein théorise en 1994 l'« information gap », ce manque perçu qui agit comme une faim cognitive et pousse à revenir vers l'information manquante. Enfin la psychologie sociale de la persuasion : Jerry Burger démontre en 1986, à travers sept expériences, l'efficacité du that's-not-all technique, améliorer une offre juste après l'avoir formulée, avant même la réponse, augmente significativement l'acceptation. La négociation à rebondissement synthétise ces héritages : elle scénarise l'introduction d'un élément neuf au moment précis où la conversation menace de s'éteindre.


Définition et principe

La négociation à rebondissement est une technique de relance qui consiste, face à un désengagement ou un blocage, à créer une rupture de rythme (silence, pause, temporisation) puis à réintroduire un élément inattendu, nouvelle proposition, information révélée, angle reformulé, afin de raviver l'intérêt et de rouvrir un espace de discussion. Elle repose sur deux leviers : le vide informationnel qui suscite la curiosité, et le rebond de valeur perçue lorsqu'une amélioration surgit après un premier palier. Elle se distingue de la simple concession : le rebondissement n'est pas nécessairement un cadeau, c'est un déplacement qui recrée du mouvement là où la négociation s'immobilisait.


Objectifs de la technique

  • Réactiver l'attention d'un interlocuteur qui se désengage ou dérive vers le refus.
  • Débloquer un point mort en introduisant un élément neuf plutôt qu'en répétant l'offre initiale.
  • Repositionner l'ancrage de valeur pour que la proposition suivante paraisse plus attractive.
  • Reprendre l'initiative narrative et éviter que la clôture ne se fasse sur un « non ».

Exemples concrets d’application

Application par contexte

La même technique, sur tous les terrains de négociation

Contexte 1 / 8

Négociation commerciale

Le client a dit « je vais réfléchir », signe qu'il s'apprête à sortir sans acheter. Le vendeur marque un silence, puis : « Avant que vous partiez, je viens de vérifier un point : sur ce modèle précis, l'extension de garantie est offerte cette semaine. »

Comment l’intégrer

On laisse la première offre s'installer, puis on rebondit avec un élément non annoncé au moment où l'attention retombe.

Points forts

Rouvre la porte sans dévaloriser le prix initial ; l'ajout paraît une amélioration spontanée.

Points faibles

Répété sur chaque vente, le procédé s'use et le client anticipe le « bonus » comme un simple argumentaire.

Contexte 2 / 8

Négociation d’achat

L'acheteur bloque un fournisseur qui campe sur son tarif. Plutôt que de répéter sa demande de remise, il reformule : « Oublions le prix unitaire une minute. Et si on parlait volume annuel et délai de paiement ? », nouvel angle qui relance.

Comment l’intégrer

Le rebondissement porte ici sur le changement de variable : on déplace la négociation d'un axe figé vers un axe ouvert.

Points forts

Sort d'un bras de fer stérile sur un seul paramètre ; élargit la table.

Points faibles

Si le nouvel axe est perçu comme une manœuvre pour noyer la vraie question du prix, la confiance s'érode.

Contexte 3 / 8

Négociation sociale

En négociation salariale collective, la direction s'arc-boute et les représentants menacent de quitter la table. Un délégué introduit un élément inattendu : une donnée chiffrée sur l'absentéisme évitable, qui recadre le débat sur un gain partagé.

Comment l’intégrer

Le rebond réinjecte de la matière neuve au moment de la rupture, transformant l'affrontement en résolution de problème.

Points forts

Redonne un objet commun à négocier ; évite le claquage de porte.

Points faibles

L'élément doit être crédible et vérifiable, sinon il apparaît comme une diversion opportuniste.

Contexte 4 / 8

Gestion de crise

Négociation d'otages au point mort : le preneur ne répond plus aux demandes. Le négociateur change de registre et révèle une information nouvelle (« votre sœur est ici et veut vous parler ») qui rouvre un canal émotionnel.

Comment l’intégrer

Le rebondissement crée une bifurcation qui casse la spirale du blocage sans céder sur le fond.

Points forts

Réamorce le dialogue quand toutes les demandes classiques ont échoué.

Points faibles

Un élément mal calibré peut être vécu comme une manipulation et durcir la position adverse.

Contexte 5 / 8

Négociation politique

À Camp David (1978), les pourparlers israélo-égyptiens s'enlisent au dixième jour sur le Sinaï. Carter reformule l'enjeu : sécurité pour Israël, souveraineté pour l'Égypte, un rebondissement conceptuel qui débloque tout.

Comment l’intégrer

Le rebond n'ajoute pas un cadeau mais un nouveau cadre de lecture qui révèle une zone d'accord invisible jusque-là.

Points forts

Transforme une impasse frontale en problème soluble ; historiquement décisif.

Points faibles

Exige une compréhension fine des intérêts réels ; une reformulation superficielle rate sa cible.

Contexte 6 / 8

Négociation immobilière

L'acheteur hésite et s'apprête à renoncer. L'agent temporise, puis : « Je comprends votre hésitation. Cela dit, le vendeur vient de m'indiquer qu'il inclurait la cuisine équipée dans le prix. » L'acheteur revient dans la négociation.

Comment l’intégrer

Un élément neuf surgit précisément quand l'intérêt retombe, réactivant la dynamique d'achat.

Points forts

Relance sans baisser frontalement le prix ; recentre sur la valeur ajoutée.

Points faibles

Si l'élément est inventé ou non tenu, la sanction commerciale et réputationnelle est immédiate.

Contexte 7 / 8

Négociation interculturelle

Négociation avec un partenaire japonais qui se replie poliment après un désaccord. Plutôt que d'insister, l'Occidental change de rythme : il propose une pause, puis revient avec une proposition retravaillée présentée comme le fruit d'une réflexion commune.

Comment l’intégrer

Le rebondissement épouse le temps long de la relation : la pause fait partie intégrante du dispositif.

Points forts

Respecte les codes de la face et de la lenteur ; évite l'escalade.

Points faibles

Un rebond trop rapide ou trop appuyé, à l'occidentale, peut être lu comme pressant et irrespectueux.

Contexte 8 / 8

Négociation familiale

Un adolescent refuse net une contrainte et se braque. Le parent laisse un silence, puis introduit un angle inattendu : « D'accord, oublions ce soir. Et si on décidait ensemble d'une règle pour tout le mois ? » L'enfant se réengage.

Comment l’intégrer

Le rebond déplace la discussion d'un non ponctuel vers un accord de plus haut niveau, cassant l'opposition.

Points forts

Désamorce le rapport de force ; responsabilise l'autre.

Points faibles

Utilisé comme ruse récurrente, l'enfant repère le procédé et s'en méfie.


Contre-techniques

Repérer et neutraliser cette technique

La négociation se joue aussi en défense. Voici comment la reconnaître quand on l'emploie contre vous, et la retourner.

Détecter

Les signaux qui la trahissent

  • Enchaînement de « oui » faciles
  • Preuve sociale (« tout le monde signe »)
  • Engagement obtenu par étapes

Neutraliser

Les parades pour la désamorcer

  • Repérer la mécanique petit oui → grand oui
  • Refuser de s'engager par paliers
  • Demander à tout conclure d'un bloc

Retourner

La transformer en avantage

Exigez une contrepartie à chacun de vos « oui ».

Le piège à éviter

Accepter de petits engagements qui vous enferment.

En bref

  • Difficulté : Élevée
  • Efficacité estimée : Élevée en situation de blocage ou de désengagement, faible en négociation fluide
  • Temps de mise en œuvre : Ponctuel : un rebond bien placé au moment de la rupture
  • Domaines d’application : Vente, Diplomatie, Négociation de crise, Management, Relations commerciales
  • Synonymes : Relance par l'inattendu, Retournement de situation, Technique du rebond, Effet de suspense négocié
  • Tags : persuasion, attention, curiosité, déblocage, reframing, that's-not-all, relance

Forces et Faiblesses

La négociation à rebondissement relance une dynamique éteinte sans donner l'impression de céder : le mouvement vient d'un élément neuf, pas d'une capitulation. Elle exploite deux ressorts cognitifs robustes, la curiosité née d'un vide informationnel et l'amélioration perçue d'une offre présentée en deux temps. Elle permet de reprendre l'initiative quand l'autre allait clore sur un refus, et de transformer un affrontement frontal en résolution de problème par la reformulation. Souple, elle s'applique du comptoir de vente à la table diplomatique.


Quand utiliser cette technique ?

À utiliser quand une discussion s'éteint, signaux de désengagement, « je vais réfléchir », repli poli, ou quand elle se fige sur un seul paramètre en bras de fer. Le rebond est le plus efficace au moment précis de la bascule vers le « non », avant que la clôture ne soit consommée. À éviter dans une négociation qui progresse normalement : y injecter un rebondissement casserait une dynamique déjà favorable et éveillerait la méfiance.


Cas célèbres

Commercial · Le that's-not-all technique (Burger, 1986), Dans une série de sept expériences publiées au Journal of Personality and Social Psychology, Jerry Burger teste une scène de vente de pâtisseries : un premier groupe se voit annoncer directement le prix final (par exemple un gâteau plus deux biscuits pour 75 cents) ; un second groupe entend d'abord « 75 cents le gâteau », puis, avant toute réponse, « et on vous ajoute les biscuits ». Le taux d'achat est nettement supérieur dans le second cas. Le rebondissement, l'amélioration surgie après un court silence, modifie l'ancrage et déclenche une réciprocité. C'est la démonstration expérimentale du cœur de la technique : ce n'est pas l'offre qui change, c'est sa mise en scène en deux temps.

Politique · Camp David 1978 : le rebond par reformulation, Au dixième jour de négociations, les pourparlers entre Menahem Begin et Anouar el-Sadate s'enlisent sur le Sinaï ; à plusieurs reprises l'un ou l'autre veut quitter la table. Jimmy Carter opère un rebondissement conceptuel : il cesse d'opposer frontalement les positions territoriales et reformule les intérêts profonds, l'Égypte veut la souveraineté sur un Sinaï égyptien depuis les pharaons, Israël veut la sécurité et pas de chars à sa frontière. Ce recadrage révèle une solution invisible : souveraineté égyptienne pleine, mais large démilitarisation. Après vingt-trois versions successives, les Accords sont signés le 17 septembre 1978. Le rebond n'a rien ajouté de matériel : il a changé le cadre de lecture.

Diplomatique · La relance par l'information révélée, Dans les médiations internationales enlisées, un médiateur expérimenté garde souvent en réserve un élément à révéler au bon moment : une garantie d'un tiers, une donnée technique, une ouverture confidentielle d'une partie. Lorsque la table se fige, il introduit cet élément pour rouvrir l'espace de négociation. La logique est celle de l'« information gap » de Loewenstein : le manque perçu réactive l'attention et ramène les parties vers la discussion. Le rebond diplomatique tient moins au contenu du nouvel élément qu'à son timing, introduit trop tôt, il se dilue ; gardé pour le point de rupture, il fait bifurcation.

Judiciaire · La médiation civile qui rebondit sur un intérêt caché, Dans une médiation de litige commercial, deux parties campent sur un montant d'indemnité et la conciliation menace d'échouer. Le médiateur suspend la séance, puis reformule : au-delà de la somme, l'une des parties cherche surtout à préserver une relation d'affaires future, l'autre à sauver la face publiquement. En rebondissant sur ces intérêts non exprimés, un communiqué commun, une commande de renouvellement, il débloque un accord que la seule négociation chiffrée rendait impossible. Le rebondissement judiciaire consiste à déplacer l'objet du différend visible vers l'intérêt réel.

Entreprise · Négociation fournisseur : changer de variable pour débloquer, Un directeur achats affronte un fournisseur qui refuse toute baisse du prix unitaire ; l'échange tourne en rond et le rendez-vous s'aigrit. Plutôt que de répéter sa demande, il opère un rebondissement : « Laissons le prix de côté. Parlons engagement de volume sur trois ans, délai de paiement et exclusivité régionale. » Le nouvel axe rouvre une zone d'accord : le fournisseur consent un tarif dégressif en échange d'un volume garanti. Le rebond a transformé un affrontement à un paramètre en négociation multi-critères où chacun trouve de la valeur. C'est l'application directe de l'élargissement de la table par introduction d'une variable neuve.

Vie quotidienne · Le vide informationnel qui ramène l'attention, Une expérience banale illustre le mécanisme de Loewenstein : lorsqu'un interlocuteur commence « il y a une chose que je n'ai pas encore dite… », puis marque une pause, l'attention de l'autre se réactive instantanément, le manque perçu agit comme une faim cognitive. Dans une négociation familiale ou de voisinage qui s'enlise, annoncer qu'un élément nouveau reste à révéler, puis l'introduire, suffit souvent à rouvrir la discussion. Le rebondissement du quotidien ne requiert ni pouvoir ni budget : il tient au bon usage du silence et de l'information différée. Mal dosé, répété, il devient prévisible et perd tout effet.


Erreurs fréquentes

  • Abuser du procédé : répété, le rebondissement s'use et l'interlocuteur anticipe le « bonus » comme un simple script.
  • Inventer un élément faux (fausse autre offre, garantie non tenue) : la sanction est immédiate dès que le bluff est découvert.
  • Rebondir trop tôt, avant que la discussion ne soit réellement bloquée : on casse une dynamique favorable et on éveille la méfiance.
  • Confondre rebondissement et concession : si chaque rebond est un cadeau, on entraîne l'autre à provoquer les blocages pour extorquer des gains.

Comment reconnaître et contrer cette technique

Face à quelqu'un qui utilise le rebondissement, la parade consiste à nommer le procédé avec calme : « Vous introduisez un nouvel élément à chaque fois que je m'apprête à conclure ; revenons au point précis. » On peut aussi découpler timing et contenu : accueillir le nouvel élément mais refuser de rouvrir tout le cadre (« intéressant, notons-le pour plus tard, mais finissons d'abord ce point »). Enfin, exiger la vérification de tout élément factuel révélé (« l'autre offre », « la garantie offerte ») neutralise les rebonds fondés sur du bluff.


Limites et éthique

La technique perd son efficacité par répétition : un rebond n'agit que par surprise, et l'effet de curiosité se satiure vite (Loewenstein). Elle suppose de disposer d'un véritable élément neuf, information, variable, reformulation crédible ; sans munition réelle, elle vire au bluff risqué. Elle est éthiquement sensible : à la frontière de la manipulation dès que le rebondissement est artificiel ou que l'élément est fabriqué. Enfin, dans les cultures et contextes où la transparence prime, un procédé perçu comme théâtral peut nuire à la confiance et se retourner contre son auteur.


Variantes et techniques liées

Plusieurs déclinaisons existent. Le rebond par ajout (that's-not-all) améliore l'offre après un court silence. Le rebond par reformulation (façon Camp David) change le cadre de lecture pour révéler une zone d'accord. Le rebond par information différée exploite le vide informationnel en révélant un élément gardé en réserve au moment de la rupture. Le rebond par changement de variable déplace la négociation d'un paramètre figé vers un axe ouvert. Le rebond par le silence, enfin, se contente d'une pause dramatisée qui crée un appel d'air et pousse l'autre à relancer lui-même.


Pour aller plus loin

  • Burger, J. M. (1986). The that's-not-all technique, sept expériences fondatrices sur l'amélioration d'offre en deux temps.
  • Loewenstein, G. (1994). The Psychology of Curiosity, théorie du vide informationnel comme moteur de l'attention.
  • Fisher, R. & Ury, W. Getting to Yes, la reformulation des intérêts (cas de Camp David).
  • Voss, C. Never Split the Difference, usage du silence, du calibrage et de la relance émotionnelle.
  • Cialdini, R. Influence, réciprocité et ancrage, mécanismes sous-jacents au rebond.

Fondements scientifiques

  • Burger, J. M. (1986) Increasing compliance by improving the deal: The that's-not-all technique Journal of Personality and Social Psychology, 51(2), 277-283, DOI : 10.1037/0022-3514.51.2.277
  • Loewenstein, G. (1994) The psychology of curiosity: A review and reinterpretation Psychological Bulletin, 116(1), 75-98, DOI : 10.1037/0033-2909.116.1.75
  • Fisher, R. & Ury, W. (1981) Getting to Yes: Negotiating Agreement Without Giving In Houghton Mifflin, Boston
  • Voss, C. & Raz, T. (2016) Never Split the Difference: Negotiating As If Your Life Depended On It HarperBusiness, New York
  • Cialdini, R. B. (2007) Influence: The Psychology of Persuasion (Revised Edition) Harper Business, New York
  • Telhami, S. (1992) Power and Leadership in International Bargaining: The Path to the Camp David Accords Columbia University Press, New York

Exercice éclair

Testez-vous avant de répondre

Répondez mentalement, puis déroulez la correction. La mémoire se construit par la récupération active.

1 Quels signaux doivent vous alerter ?
  • Enchaînement de « oui » faciles
  • Preuve sociale (« tout le monde signe »)
  • Engagement obtenu par étapes
2 Quelles parades appliquer ?
  • Repérer la mécanique petit oui → grand oui
  • Refuser de s'engager par paliers
  • Demander à tout conclure d'un bloc

Questions fréquentes

Ce que l'on nous demande le plus

Qu'est-ce que la technique « La Technique de la NÉGOCIATION À REBONDISSEMENT » ?

La négociation à rebondissement consiste à provoquer volontairement une pause, un silence ou un retournement de situation pour relancer l'intérêt d'un interlocuteur qui se ferme, se lasse ou glisse vers le refus. Plutôt que d'insister sur une offre qui s'épuise, on introduit un élément nouveau, information inédite, alternative inattendue, reformulation du problème, qui rouvre la discussion et réactive l'attention. Loin d'un simple artifice théâtral, la technique s'appuie sur des mécanismes cognitifs documentés : la curiosité déclenchée par un vide informationnel (Loewenstein) et l'amélioration perçue d'une offre présentée en deux temps (that's-not-all technique de Burger). Bien maniée, elle transforme un point mort en nouveau départ ; mal dosée, elle passe pour une manipulation.

La technique « La Technique de la NÉGOCIATION À REBONDISSEMENT » est-elle éthique ?

Elle se situe à la frontière : efficace, mais elle peut basculer dans la manipulation si elle exploite une asymétrie d'information. À utiliser avec mesure et sans mensonge délibéré.

Comment se défendre contre « La Technique de la NÉGOCIATION À REBONDISSEMENT » ?

Accepter de petits engagements qui vous enferment. Le bon réflexe : repérer la mécanique petit oui → grand oui.

Sur quoi repose la technique « La Technique de la NÉGOCIATION À REBONDISSEMENT » ?

Négocoach n'évalue pas la validation expérimentale de cette technique prise isolément. Ce que nous documentons est l'adossement de son école d'origine (Origine non documentée) : origine non documentée · niveau non établi. Le détail figure dans la section « Fiche d'identité » de cette page.

S'entraîner avec l'IA

Trois prompts prêts à l'emploi

Copiez, collez dans votre assistant, remplacez les [crochets]. Compatible ChatGPT, Claude, Gemini, Mistral, Perplexity.

Préparer

Bâtir votre plan avant l'entretien

Tu es un coach expert en négociation. Aide-moi à préparer l'usage de la technique « La Technique de la NÉGOCIATION À REBONDISSEMENT » dans la situation suivante : [décris ta situation]. Donne-moi : les conditions de réussite, un script en 3 étapes, les objections probables de mon interlocuteur et comment y répondre.

Simuler

Répéter face à un interlocuteur IA

Joue le rôle de mon interlocuteur dans une négociation. Je vais tester la technique « La Technique de la NÉGOCIATION À REBONDISSEMENT ». Réagis de façon réaliste et résistante, ne cède pas trop vite, puis à la fin analyse ma performance et propose-moi 3 améliorations concrètes.

Débriefer

Analyser une négociation passée

Voici le déroulé de ma négociation : [colle les échanges]. Analyse si la technique « La Technique de la NÉGOCIATION À REBONDISSEMENT » a été bien employée, ce qui a fonctionné, les erreurs commises, et détaille précisément ce que j'aurais pu faire mieux.

Références

Bibliographie & sources sérieuses

Ouvrages fondateurs de l'école ❔ Origine non documentée dont relève cette technique.

  • Couverture : You Can Negotiate Anything

    You Can Negotiate Anything

    Livre

    H. Cohen · 1980

    Le best-seller qui a démocratisé la négociation : tout se négocie, à condition de comprendre le pouvoir, le temps et l'information. Ton accessible et exemples du quotidien.

  • Couverture : Everything is Negotiable

    Everything is Negotiable

    Livre

    G. Kennedy · 1982

    Un guide concret pour négocier au quotidien comme en affaires, centré sur l'échange conditionnel et la fermeté sur ses intérêts. Kennedy y traque les réflexes de « mou » du négociateur.

L'origine de cette technique n'est pas encore documentée dans notre référentiel. Le niveau de preuve n'est donc pas établi.

En vidéo

Voir la technique en action

Des vidéos pour visualiser NÉGOCIATION À REBONDISSEMENT et l'ancrer par l'exemple.

Sélection vidéo vérifiée en cours d'enrichissement, la recherche ci-dessus vous donne déjà les meilleures vidéos sur le sujet.

Carte de la technique

Où se situe cette technique

Chaque technique s'inscrit dans un réseau : ce qu'elle mobilise, ce avec quoi elle se combine, où elle s'applique, et comment s'en défendre.

À retenir

  • En une phrase

    La négociation à rebondissement consiste à provoquer volontairement une pause, un silence ou un retournement de situation pour relancer l'intérêt d'un interlocuteur qui se ferme, se lasse ou glisse vers le refus. Plutôt que d'insister sur une offre qui s'épuise, on introduit un élément nouveau, information inédite, alternative inattendue, reformulation du problème, qui rouvre la discussion et réactive l'attention. Loin d'un simple artifice théâtral, la technique s'appuie sur des mécanismes cognitifs documentés : la curiosité déclenchée par un vide informationnel (Loewenstein) et l'amélioration perçue d'une offre présentée en deux temps (that's-not-all technique de Burger). Bien maniée, elle transforme un point mort en nouveau départ ; mal dosée, elle passe pour une manipulation.

  • Le bon réflexe

    Exigez une contrepartie à chacun de vos « oui ».

  • À ne jamais faire

    Accepter de petits engagements qui vous enferment.

7,0/10 potentiel tactique Modérée vigilance Origine non documentée · niveau non établi

Maîtriser cette technique en situation réelle ?

Nos accompagnements transforment la théorie en avantage concret.

Découvrir nos offres
Appeler Prendre rendez-vous