NEGOCOACH
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Origine : École de Harvard

🎓 École de Harvard

Négociation raisonnée

R. Fisher & W. Ury, « Getting to Yes », Harvard Negotiation Project, 1981.

Détail complet dans la section « Origine & histoire » ci-dessous.

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La Technique des INTÉRÊTS PLUTÔT QUE LES POSITIONS

Négociation structurelle Technique 124 / 360
Alexandre Baumberger

Auteur de la bibliothèque

Alexandre Baumberger

Professeur de négociation à KEDGE Business School

Une triple culture rare au service de la négociation : l'enseignement, la justice économique et l'audit, doublée d'une expérience de chef d'entreprise à Bordeaux.

  • Enseignement, KEDGE Business School Professeur de négociation depuis 2014 (12 ans).
  • Justice consulaire, Tribunal de commerce Juge de 2018 à 2026 : contentieux, puis procédures collectives.
  • Audit & conseil, plus de 20 ans Audit fiscal, social et financier en grands cabinets, pour de grands groupes.
L'essentiel

Une position, c'est ce que l'on demande (« je veux 300 000 € ») ; un intérêt, c'est la raison sous-jacente (« je dois financer mon prochain projet »). Explorer les intérêts derrière les positions débloque des accords impossibles à trouver en restant sur les chiffres, car plusieurs solutions peuvent satisfaire un même intérêt.

Niveau de lecture

Fiche d'identité

Le profil de sa famille en un coup d'œil

Efficacité Impactpsychologique Discrétion Préparation Risquerelationnel Éthique
6,3 / 10 Potentiel tactique

Vigilance : faible (2,0/10) · Préparation exigée : 8/10

Adossement de l'école d'origine École adossée à la recherche expérimentale

Profil indicatif : il situe la famille « Négociation structurelle » telle que la pratique l’école École de Harvard, et non cette technique prise isolément. Les techniques d’une même famille et d’une même école partagent donc le même profil. Évaluation éditoriale Négocoach sur 10, non expérimentale · plus la valeur de « risque relationnel » est haute, plus la technique est coûteuse pour la relation.

Évaluation NEGOCOACH

Comment lire cette note

Potentiel tactique 6,3/10 (efficacité, impact, discrétion) et vigilance faible (risque relationnel et éthique) : deux lectures distinctes, volontairement jamais fusionnées en une note unique, qui récompenserait le risque. Évaluation éditoriale NEGOCOACH calibrée à partir de la famille « Négociation structurelle » et de l’école « École de Harvard ». Chaque critère est noté sur 10 ; cliquez pour comprendre ce qu’il mesure.

  • Efficacité 8/10 · Très élevé

    Capacité de la technique à faire aboutir la négociation dans le sens recherché lorsqu'elle est bien exécutée.

  • Impact psychologique 5/10 · Modéré

    Force de l'effet produit sur les perceptions, les émotions et les décisions de l'interlocuteur.

  • Discrétion 6/10 · Élevé

    Difficulté, pour l'autre partie, de repérer que la technique est employée. Une valeur haute = très discrète.

  • Préparation 8/10 · Très élevé

    Travail d'information, d'analyse et d'entraînement requis en amont pour l'utiliser efficacement.

  • Risque relationnel 2/10 · Faible

    Coût potentiel pour la relation et la confiance si la technique est détectée, refusée ou échoue. Valeur haute = plus risquée.

  • Éthique 9/10 · Très élevé

    Acceptabilité morale : loyauté, transparence et respect de l'autonomie de l'interlocuteur. Valeur haute = plus défendable.

Niveau de preuve

École adossée à la recherche expérimentale

L'école dont cette technique est issue s'appuie sur des travaux expérimentaux répliqués et revus par les pairs. Cet indicateur qualifie l'école, et non la validation expérimentale de cette technique prise isolément.

Évaluation éditoriale indicative NEGOCOACH, à visée pédagogique. Pour « Risque relationnel », une valeur haute signale un coût pour la relation, non une qualité.

Synthèse des INTÉRÊTS PLUTÔT QUE LES POSITIONS


Origine & histoire

C'est le cœur de la négociation raisonnée développée par le Harvard Negotiation Project (Fisher et Ury, Getting to Yes, 1981). L'illustration devenue célèbre est celle des deux sœurs qui se disputent une orange : en creusant, on découvre que l'une veut la pulpe pour un jus, l'autre l'écorce pour un gâteau, l'accord parfait était invisible tant qu'elles campaient sur « je veux l'orange ». Fisher et Ury montrent que la plupart des blocages viennent de la confusion entre position et intérêt.


Définition et principe

La technique consiste à répondre à chaque position par un « pourquoi ? » ou un « pour quoi faire ? », afin de remonter à l'intérêt réel. Une fois les intérêts identifiés, on cherche des options qui les satisfont, souvent à moindre coût que la position affichée.


Exemples concrets d’application

Application par contexte

La même technique, plusieurs terrains de négociation

Contexte 1 / 6

Négociation commerciale

Un client exige une baisse de prix ; en creusant, on découvre que son vrai intérêt est d'étaler sa trésorerie, un échéancier résout le blocage sans toucher au prix.

Contexte 2 / 6

Négociation sociale

Des salariés réclament une hausse de salaire ; leur intérêt profond est la reconnaissance et la sécurité, des perspectives d'évolution et des primes ciblées peuvent partiellement y répondre.

Contexte 3 / 6

Gestion de crise

Un négociateur cherche ce que veut vraiment la partie retranchée (être entendue, protéger sa dignité) plutôt que de se focaliser sur ses exigences affichées.

Contexte 4 / 6

Négociation politique

Deux États campant sur des frontières remontent à leurs intérêts (sécurité, accès à l'eau, fierté nationale) pour inventer des garanties qui satisfont chacun.

Contexte 5 / 6

Négociation immobilière

Un vendeur bloque sur son prix ; son intérêt réel est de rester dans le logement quelques mois, une clause d'occupation temporaire débloque la vente.

Contexte 6 / 6

Négociation familiale

Dans un partage, chacun revendique la maison ; les vrais intérêts (souvenirs, rentabilité, proximité) permettent d'inventer un arrangement sur mesure.


Contre-techniques

Repérer et neutraliser cette technique

La négociation se joue aussi en défense. Voici comment la reconnaître quand on l'emploie contre vous, et la retourner.

Détecter

Les signaux qui la trahissent

  • Règles et agenda imposés d'entrée
  • Cadre « à prendre ou à laisser »
  • Interlocuteur qui n'a « pas le mandat »

Neutraliser

Les parades pour la désamorcer

  • Négocier le cadre avant le fond
  • Exiger le bon décideur
  • Poser vos propres règles du jeu

Retourner

La transformer en avantage

Proposez un cadre alternatif qui vous avantage, plutôt que de subir celui de l'autre.

Le piège à éviter

Accepter le terrain de l'autre sans jamais le discuter.

Forces et Faiblesses

La technique élargit le gâteau au lieu de le partager, ouvre des solutions créatives et préserve la relation. Sa limite : elle exige du temps, de la confiance et un interlocuteur prêt à dévoiler ses intérêts ; face à un pur rapport de force, elle ne suffit pas.


Quand utiliser cette technique ?

Idéale dans les négociations complexes ou de long terme où la valeur peut être créée. À combiner avec la fermeté sur les critères ; moins adaptée à une transaction unique et purement distributive.


Objectifs de la technique

  • Distinguer la position affichée (ce que l'on demande) de l'intérêt réel (le pourquoi, le besoin sous-jacent) pour élargir l'espace de négociation.
  • Sortir du marchandage positionnel en dur (concessions symétriques autour d'un chiffre) qui crispe et détruit de la valeur.
  • Faire émerger des solutions créatives à bénéfices mutuels en croisant des intérêts différents mais compatibles.
  • Désamorcer les conflits en montrant que des positions opposées peuvent recouvrir des intérêts conciliables.
  • Renforcer la relation durable en traitant le problème sur le fond plutôt qu'en s'affrontant sur les personnes ou les postures.

Cas célèbres

Diplomatique · Camp David 1978 : l'orange partagée à l'échelle d'un désert : Lors des accords de Camp David, l'Égypte et Israël campaient sur des positions inconciliables concernant la péninsule du Sinaï : chacun en revendiquait le contrôle. En creusant les intérêts sous-jacents, les médiateurs ont mis au jour que l'intérêt égyptien était la souveraineté (le territoire, symbole national) tandis que l'intérêt israélien était la sécurité (l'absence de chars ennemis à sa frontière). La solution : restituer le Sinaï à l'Égypte (souveraineté satisfaite) tout en le démilitarisant largement (sécurité satisfaite). Deux positions incompatibles, deux intérêts conciliables. Cet exemple est utilisé par Fisher et Ury eux-mêmes pour illustrer le principe.

Entreprise · Le budget bloqué qui cachait deux besoins distincts : Scénario représentatif. Deux directeurs se disputent une enveloppe budgétaire unique, chacun exigeant 'la totalité'. Positions frontalement opposées. En interrogeant le pourquoi, il apparaît que l'un a besoin de trésorerie immédiate pour un recrutement urgent, l'autre d'un engagement pluriannuel pour lancer un projet long. La solution combine une avance de trésorerie cette année et un engagement de financement garanti sur trois ans : les deux intérêts sont servis sans que le partage de l'enveloppe unique n'ait été le vrai sujet.


Erreurs fréquentes

  • Rester bloqué sur les positions (le chiffre, l'exigence) sans jamais poser la question 'pourquoi est-ce important pour vous ?' qui révèle l'intérêt.
  • Confondre position et intérêt : traiter la première demande formulée comme si elle était le besoin réel, alors qu'elle n'en est qu'une expression possible.
  • Supposer que des positions opposées impliquent des intérêts opposés : très souvent les intérêts sont différents (donc combinables), pas contradictoires.
  • Dévoiler naïvement tous ses propres intérêts sans réciprocité, ce qui expose à l'exploitation par une partie purement compétitive.
  • Négliger les intérêts intangibles (reconnaissance, sécurité, équité, face à sauver) en ne cherchant que les intérêts matériels chiffrables.

Limites et éthique

C'est le cœur de la négociation raisonnée et la technique la plus constructive du répertoire : elle ne trompe personne, elle élargit le champ des solutions et permet des accords que le marchandage sur les positions rend impossibles. Il serait malhonnête de lui inventer un vice caché. Deux limites réelles méritent pourtant d'être posées, précisément parce que sa vertu les fait oublier. La première est l'asymétrie : dévoiler ses intérêts à qui ne dévoile pas les siens, c'est offrir une carte de ses besoins à quelqu'un qui gardera la sienne. La négociation raisonnée suppose une réciprocité qui n'est jamais garantie, et Fisher et Ury eux-mêmes rappellent qu'il faut savoir se protéger d'une partie qui n'y entre pas. La seconde est plus troublante : la question « pourquoi ? » qui sert à créer de la valeur sert aussi à localiser le besoin vital de l'autre, c'est-à-dire l'endroit exact où appuyer. L'outil est le même, seule l'intention diffère. Chercher l'intérêt pour élargir l'accord est de la négociation raisonnée ; le chercher pour savoir où appuyer est du renseignement.


Fondements scientifiques

  • Roger Fisher, William Ury & Bruce Patton (2011) Getting to Yes: Negotiating Agreement Without Giving In Penguin Books (éd. révisée)
  • Mary Parker Follett (1940) Constructive Conflict (in Dynamic Administration) Harper & Brothers

Exercice éclair

Testez-vous avant de répondre

Répondez mentalement, puis déroulez la correction. La mémoire se construit par la récupération active.

1 Quels signaux doivent vous alerter ?
  • Règles et agenda imposés d'entrée
  • Cadre « à prendre ou à laisser »
  • Interlocuteur qui n'a « pas le mandat »
2 Quelles parades appliquer ?
  • Négocier le cadre avant le fond
  • Exiger le bon décideur
  • Poser vos propres règles du jeu

Questions fréquentes

Ce que l'on nous demande le plus

Qu'est-ce que la technique « La Technique des INTÉRÊTS PLUTÔT QUE LES POSITIONS » ?

Une position, c'est ce que l'on demande (« je veux 300 000 € ») ; un intérêt, c'est la raison sous-jacente (« je dois financer mon prochain projet »). Explorer les intérêts derrière les positions débloque des accords impossibles à trouver en restant sur les chiffres, car plusieurs solutions peuvent satisfaire un même intérêt.

La technique « La Technique des INTÉRÊTS PLUTÔT QUE LES POSITIONS » est-elle éthique ?

Oui, employée de bonne foi elle reste dans le cadre d'une négociation loyale : elle structure l'échange sans tromper l'autre partie. La transparence sur vos intentions renforce la relation à long terme.

Comment se défendre contre « La Technique des INTÉRÊTS PLUTÔT QUE LES POSITIONS » ?

Accepter le terrain de l'autre sans jamais le discuter. Le bon réflexe : négocier le cadre avant le fond.

Sur quoi repose la technique « La Technique des INTÉRÊTS PLUTÔT QUE LES POSITIONS » ?

Négocoach n'évalue pas la validation expérimentale de cette technique prise isolément. Ce que nous documentons est l'adossement de son école d'origine (École de Harvard) : École adossée à la recherche expérimentale. Le détail figure dans la section « Fiche d'identité » de cette page.

S'entraîner avec l'IA

Trois prompts prêts à l'emploi

Copiez, collez dans votre assistant, remplacez les [crochets]. Compatible ChatGPT, Claude, Gemini, Mistral, Perplexity.

Préparer

Bâtir votre plan avant l'entretien

Tu es un coach expert en négociation. Aide-moi à préparer l'usage de la technique « La Technique des INTÉRÊTS PLUTÔT QUE LES POSITIONS » dans la situation suivante : [décris ta situation]. Donne-moi : les conditions de réussite, un script en 3 étapes, les objections probables de mon interlocuteur et comment y répondre.

Simuler

Répéter face à un interlocuteur IA

Joue le rôle de mon interlocuteur dans une négociation. Je vais tester la technique « La Technique des INTÉRÊTS PLUTÔT QUE LES POSITIONS ». Réagis de façon réaliste et résistante, ne cède pas trop vite, puis à la fin analyse ma performance et propose-moi 3 améliorations concrètes.

Débriefer

Analyser une négociation passée

Voici le déroulé de ma négociation : [colle les échanges]. Analyse si la technique « La Technique des INTÉRÊTS PLUTÔT QUE LES POSITIONS » a été bien employée, ce qui a fonctionné, les erreurs commises, et détaille précisément ce que j'aurais pu faire mieux.

Références

Bibliographie & sources sérieuses

Ouvrages fondateurs de l'école 🎓 École de Harvard dont relève cette technique.

  • Couverture : Getting to Yes, Negotiating Agreement Without Giving In

    Getting to Yes, Negotiating Agreement Without Giving In

    Livre

    R. Fisher & W. Ury · 1981

    Le manifeste de la négociation raisonnée : sortir du marchandage de positions pour négocier sur les intérêts, séparer les personnes du problème, inventer des options à bénéfice mutuel et s'appuyer sur des critères objectifs. Le livre de négociation le plus vendu au monde.

  • Couverture : Getting Past No

    Getting Past No

    Livre

    W. Ury · 1991

    La suite pratique de Getting to Yes : négocier face à un interlocuteur difficile, hostile ou de mauvaise foi. Ury y expose la « négociation percée » en cinq étapes, dont le fameux « aller au balcon » pour maîtriser ses émotions.

  • Couverture : Negotiation Genius (Harvard Business School)

    Negotiation Genius (Harvard Business School)

    Livre

    D. Malhotra & M. Bazerman · 2007

    Une synthèse moderne des recherches de Harvard : créer puis revendiquer de la valeur, déjouer les biais, gérer le mensonge et négocier depuis une position faible. Très riche en cas concrets et en outils.

R. Fisher & W. Ury, « Getting to Yes », Harvard Negotiation Project, 1981.

En vidéo

Voir la technique en action

Des vidéos pour visualiser INTÉRÊTS PLUTÔT QUE LES POSITIONS et l'ancrer par l'exemple.

Sélection vidéo vérifiée en cours d'enrichissement, la recherche ci-dessus vous donne déjà les meilleures vidéos sur le sujet.

Carte de la technique

Où se situe cette technique

Chaque technique s'inscrit dans un réseau : ce qu'elle mobilise, ce avec quoi elle se combine, où elle s'applique, et comment s'en défendre.

À retenir

  • En une phrase

    Une position, c'est ce que l'on demande (« je veux 300 000 € ») ; un intérêt, c'est la raison sous-jacente (« je dois financer mon prochain projet »). Explorer les intérêts derrière les positions débloque des accords impossibles à trouver en restant sur les chiffres, car plusieurs solutions peuvent satisfaire un même intérêt.

  • Le bon réflexe

    Proposez un cadre alternatif qui vous avantage, plutôt que de subir celui de l'autre.

  • À ne jamais faire

    Accepter le terrain de l'autre sans jamais le discuter.

6,3/10 potentiel tactique Faible vigilance École adossée à la recherche expérimentale

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